PAGE D'HISTOIRE

Les pages d'histoire du 175ième de Saint-Fabien

Il y a quelques années, l'organisme Promotion du patrimoine de Saint-Fabien inc. avait lancé le concours «PAGE D'HISTOIRE». Les participants au concours devaient écrire un texte en rapport avec des évènements, des personnages, des lieux, qui avaient marqué la communauté de Saint-Fabien.

Il nous semble opportun aujourd'hui, à l'occasion des fêtes du 175ième anniversaire de la paroisse et du 150ième anniversaire de l'église, de vous faire connaître la vie de nos ancêtres à travers les nombreux témoignages reçus. Comme les textes soumis ont été très abondants, nous ne pouvons les reproduire tous. Nous vous proposons un témoignage différent à chaque mois, jusqu'à l'été 2004. Les textes seront choisis d'abord par rapport au caractère historique du contenu.

Bonne lecture!

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Témoignage du mois de juin 2003
La crise

Dans les années 30, c'était la crise comme disaient mes parents. À cette époque, nous étions douze personnes dans la maison et l'argent était très rare. Mon père, Édouard Berger, était forgeron de son métier. Il avait une petite boutique de forge au 123, 1ère avenue à Saint-Fabien. Les cultivateurs venaient faire ferrer leurs chevaux et réparer leurs voitures, mais comme ils n'avaient pas d'argent, ils payaient mon père avec des produits de la ferme.

Je me souviens d'un jour où ma mère, Rosalie Bernier, dit à mon père : «Fais-toi payer!» Elle avait dans les mains une boîte de souliers pleine de factures. Mon père lui a répondu : «Ils sont incapables, ils sont aussi pauvres que moi.»

L'hiver arriva et mes parents n'avaient pas d'argent pour nous acheter des vêtements chauds. Notre voisine, madame Charles Adolphe Gagnon (père), offrit de vieilles couvertures de laine qu'elle avait teintes. Ma mère confectionna des manteaux et des pantalons à ses enfants. Elle disait de madame Gagnon que c'était une personne très charitable.

Il y a quelques années, le musée de Rivière-du-Loup a rendu un hommage particulier aux forgerons de la région. Les outils de forgeron de mon père furent exposés. J'ai reçu une invitation du musée pour l'ouverture de l'exposition. Je rêve du jour où il y aura à Saint-Fabien un musée pour exposer ces choses qui nous rappellent tant de souvenirs et qui font partie de notre histoire.

Patricia Berger

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Témoignage du mois de juillet 2003
Hommage aux soeurs du Saint-Rosaire

Au nom de la communauté chrétienne de Saint-Fabien, je profite des fêtes du 175ième anniversaire de la paroisse et du 150ième anniversaire de l'église pour présenter à nos bonnes Soeurs du Saint-Rosaire le plus sincère et chaleureux message de reconnaissance.

Les Soeurs du Saint-Rosaire qui ont oeuvré à Saint-Fabien pendant 67 ans nous ont quitté depuis plusieurs années déjà, mais leur souvenir demeure dans nos têtes et dans nos coeurs. Pour leur travail précieux et assidu pendant ces nombreuses années, nous nous devons d'exprimer nos sentiments de respect bien mérité, d'admiration très spéciale et de reconnaissance sincère.

Permettez-moi d'ouvrir une parenthèse. Il y a plusieurs années, j'étais petite fille étudiante au couvent de Saint-Fabien. Mère Saint-Adelme, mon enseignante et sacristine à l'époque, m'a choisie pour faire le nettoyage annuel des vases liturgiques et des chandeliers de notre église. Comme je me sentais valorisée d'être ainsi choisie! Ma récompense, c'était la fierté de voir reluire la dorure qui attirait mon regard chaque fois que j'entrais à l'église et le contentement de recevoir un bon petit pain chaud cuit par Mère Sainte-Léonie. -- pas Sr Jacqueline à ce moment là -- Sur la route du retour, je respirais l'odeur agréable de ce petit pain à l'anis que je dégustais avec ma bonne maman une fois rendue à la maison du premier rang ouest. Oui, j'étais fière de montrer ma paye. J'ai eu l'occasion, à maintes reprises par la suite, de déguster les bons plats de Soeur Jacqueline Bonenfant.

Je referme la parenthèse et je souligne le dévouement de Soeur Lucette comme agente de pastorale pendant sept ans : organisation de célébrations, décorations à l'église, préparation aux sacrements, cours de catéchèse aux adultes, visite et communion aux personnes seules et aux malades, responsable du club "Jeunes du monde". Soeur Antoinette s'est dévouée particulièrement à l'occasion de l'animation des messes dominicales et des exercices de récitatifs bibliques. Tout ce travail, tout ce dévouement pour la communauté chrétienne de Saint-Fabien!

Je profite également des fêtes de la paroisse et de l'église pour me faire le porte-parole du monde scolaire et rendre le meilleur hommage à nos religieuses qui ont travaillé avec coeur à la formation et à l'éducation des jeunes à Saint-Fabien.

Je pense en particulier à Soeur Valentine Deschênes qui a enseigné l'anglais à l'école secondaire de 1970 à 1983. Les jeunes qui ont profité de cet enseignement (surtout lorsque les livres de sciences leur étaient servis en anglais au collégial) émettent encore aujourd'hui des témoignages de valeur à ce sujet. Merci soeur Valentine pour les treize années de fructueux travail à Saint-Fabien.

À soeur Antoinette, je redonnerai les titres d'excellente directrice, de responsable émérite et d'enseignante à temps plein pendant vingt-cinq ans. À soeur Lucette, je rappellerai ses dix ans d'enseignement du français au secondaire et le bénéfice d'un voyage à Paris pour le classement de ses élèves de deuxième secondaire... premier au Québec, deuxième au Canada à la suite d'un concours organisé par la Société du bon parler français. À soeur Jacqueline, je dirai qu'elle a occupé assidûment son poste de reine du foyer et je noterai sa participation à la chorale et à L'AFEAS.

À toutes les figurantes de la communauté des Soeurs du Saint-Rosaire qui ont vécu à Saint-Fabien, je dis un merci personnel car une partie de mon coeur s'est comme attachée à ce long parcours chez nous.

Avec moi, la communauté chrétienne, le monde scolaire et les paroissiens de Saint-Fabien ne trouvent pas de mots assez justes pour traduire leurs sentiments d'admiration et leur reconnaissance à l'endroit de celles qui nous ont quittés. Toutes et tous vous disent le plus chaleureux et sincère :

MERCI, MILLE FOIS MERCI ET REVENEZ NOUS VOIR.

Madeleine D'Astous-Lemieux

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