PAGES D'HISTOIRE
Voici le texte de madame
Patricia Berger, participante au concours "Pages d'histoire 1996"
organisée par la promotion du Patrimoine de Saint-Fabien
(Texte intégral)

ÉDOUARD BERGER ET ROSALICE BERNIER
Dans les années 30, c'était la crise comme
disaient mes parents. À cette époque, nous étions douze personnes dans la maison
et l'argent était très rare. Mon père, Édouard Berger, était forgeron de son
métier. Il avait une petite boutique de forge au 123, 1ère rue à Saint-Fabien.
Les cultivateurs venaient faire ferrer leurs chevaux et réparer leurs voitures,
mais comme ils n'avaient pas d'argent, ils payaient mon père avec des produits de la
ferme.
Je me souviens d'un jour où ma mère,
Rosalice Bernier, dit à mon père: Fais toi payer ! Elle avait dans les mains une
boîte de soulier pleine de fatures. Mon père lui a répondu ils en sont
incapables, ils sont aussi pauvre que moi.
L'hiver arriva et mes parents n'avaient pas
d'argent pour nous acheter des vêtements chauds. Notre voisine, Mme Charles Adolphe
Gagnon (père), offrit de vielles couvertures de laine qu'elle avait teinte. Ma
mère confectionna des manteaux et des pantalons à ses enfants. Elle disait de
Madame Gagnon que c'était une personne très charitable.
Il y a quelques années, le musée de
Rivière du Loup a rendu un hommage aux forgerons de la région. Les outils de
forgeron de mon père furent exposés. J'ai reçu une invitation du musée pour
l'ouverture de l'exposition. Je rêve du jour où il y aura à Saint-Fabien un
musée pour exposer ces choses qui nous rappellent tant de souvenirs et qui font partie de
notre histoire.
Patricia Berger |