PAGES D'HISTOIRE

Voici le texte de madame Gertrude Fournier Belzile, participante au concours  "Pages d'histoire 1996" organisée par la promotion du Patrimoine de Saint-Fabien
(Texte intégral)


VOICI UNE PAGE D'HISTOIRE
EN MÉMOIRE DE MON PÈRE

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Monsieur Theophile Fournier
1896-1972

Dans le commerce au delà de quarante huit ans.

Initié à l'âge de quatorze ans par Monsieur Édouard Ouellet, premier gérant de la Banque Canadienne Nationale à Saint-Fabien, mon père poursuivit ses études à l'école Commerciale Bélanger de Saint-Hyacinthe.

De retour « diplômé », il s'engagea au magasin J.F. Belzile en 1918. Aux environs de 1919, il oeuvre à son compte dans un très petit local situé en face du magasin COOP actuel.  Ce Local est aujourd'hui disparu.

Par la suite, il entre en société avec son frère Joseph Fournier, plus tard aussi, avec monsieur Omer Bélanger cela dure environ deux ans. En 1921, il va travailler chez monsieur J. Salomon Gagné, probablement qu'il est mieux rémunéré.

Une petite anecdote en passant: Madame Gagné envoie son jeune fils André chercher un petit pot de mélasse dans le gros baril de bois qui se trouve dans la cave.  Il réussit à ouvrir le robinet, remplit son contenant, mais il n'est plus capable de fermer le robinet.  Alors il remonte porter à sa mère ce qu'elle lui avait demandé sans parler à personne que la mélasse continuait de couler.  Voilà que mon père descend à la cave, il arrive les deux pieds dans le sirop! Devinez le reste?  L'histoire ne parle pas de punition pour le petit André.   Certainement qu'il a goûté à la mélasse.

Comme c'était une vraie vocation pour mon père, il continua seul à son compte sous la franchise de magasin général Théo. Fournier.  Cela comprenait : confection, chaussures, tissus à la verge, meubles et bien entendu épicerie complète.  Il grossit son commerce avec les produits des cultivateurs; viande, bois de construction et de pulpe.  L'expédition de ce bois se faisait du port de Rimouski vers Québec avec la compagnie Anglo-Pulp.  Aussi il faisait affaire avec une autre compagnie, F.F. Soucy de St-Alexandre et les autres produits avec la Côte-Nord vers Baie-Comeau.

Cela dure plusieurs années, jusqu'à la crise économique de 1930 qui l'obligea à discontinuer.  Ça n'a pas été sans amertume, car il était bien dans sa ligne.

Par sa générosité et sa loyauté il était aimé de tous.

Peu de temps a passé qu'il a perdu tous ses biens dans le feu du 6 au 7 avril 1940.  Plein de courage et d'ambition, il rebâtit sur les mêmes fondations,  aujourd'hui propriété de sa fille Madame Jeanne d'Arc Thibeault.

Toujours infatiguable, malgré une santé frêle, il travailla comme inspecteur de colonisation pour le gouvernement du Québec.   Sous le régime d'Adélard Godbout, il fût remercier de ses services et va travailler à la Fédérée de Rimouski de 1941 à 1950.

Avec une expérience marquée dans le commerce, il revient dans son patelin pour y travailler au magasin général de monsieur Eugène Bernier.  Encore quelques années de là, il finira sa vie de travail à la Commission des Liqueurs à Rimouski jusqu'en 1962.

Secondé par son épouse Marie-Anne Berger, il a été papa de treize enfants et grand-papa de plusieurs petits enfants, qu'il aimait et choyait.

Je crois que dans la foi et aussi dans son travail, il a été un père exemplaire pour nous.

Apès une vie bien remplie
il nous quitte le 27 mars 1972 à l'âge de 75 ans et 11 mois

Par sa fille,
Gertrude Fournier Belzile


                                           


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